Se démarquer avec le Didgeridoo ou son instrument… c’est possible !

JACQUES BREL disait lors d’une interview :

” Si vous prenez réellement conscience que vivre de la musique est un grand champs de bataille,

et que vous êtes prêt à souffrir pour y arriver… alors vous pouvez y aller ! “

Voilà un sujet de blog que je confectionne tout particulièrement car il retrace la carrière de beaucoup d’amis musiciens, dont certains sont connus, d’autres moins. Ce qui ne les empêchent pas d’être heureux, bien au contraire !

Avec les années, je me suis rendu compte du lourd trajet intellectuel que devait porter secrètement en lui chaque musicien, car je l’ai porté moi aussi. Et même si j’ai réussi à lâcher prise sur certains bagages trop “pesants”, il m’arrive encore parfois d’être pris dans la tourmente de la remise en question. Comme le dit si bien mon ami écrivain GILLES RIP :  “Penser c’est douter”  – Editions LEO SCHEER

Je vais donc tenter de répondre à ces questions qui taraudent l’esprit de chacun d’entre-nous à un moment donné dans notre parcours Ô combien complexe qu’est le monde de la musique. Ceci n’est que mon point de vue et n’engage que moi, bien évidemment. Même en ayant réalisé plus de 10 albums, certaines de ces questions resurgissent subitement quelquefois… comme quoi rien n’est jamais acquis !  Et je pense sincèrement que c’est bien comme ça, car cela me permet de vivre et de jouir de chaque instant présent, et de comprendre que le mouvement perpétuel existe depuis toujours, sauf pour celui qui ne fait rien !

Voici 2 clés vers une progression assurée : Travail et Régularité !

  • Suis-je assez bon pour me professionnaliser ?

Voilà une question qui demande une certaine réflexion, et qui prendra du temps pour avoir la réponse. On a toujours autour de nous des “fans” qui nous dirons qu’on assure et qu’on devrait se lancer. Ce qui n’est pas faux, mais ces gens font partie de ce que l’on appelle “le public acquis“. C’est à dire que l’on soit bon ou pas, ils vous trouveront bon de toute façon ! Car ils vous aiment et c’est leur façon de vous le dire. Un grand merci à eux !

Donc l’idée est de filtrer avec intelligence les points de vues entre les proches et les vrais musiciens. Le seul moyen pour avancer et de prendre confiance en vous est dans la rencontre avec des musiciens qui pratiquent tous les jours !  Oui oui… j’insiste sur le fait qu’ils pratiquent tous les jours. Car qu’on le veuille ou pas, le travail et la régularité de votre engagement finira par payer… obligatoirement !

Ensuite, c’est dans vos mains que vous tenez une clé supplémentaire : l’organisation de votre agenda… et n’attendez pas 10 000 ans pour vous voir entre zikos et commencer à jouer ensemble pour le plaisir.  Le chemin qui vous mènera vers une construction de projet d’album ou autre se fera s’il doit se faire… tout simplement !

  • Comment faire pour me professionnaliser ?

Il va falloir créer votre univers musical. C’est à dire trouver qui vous êtes, quoi dire… et si possible, dire quelque chose sous une forme originale et jamais vu… ce qui peut déjà prendre du temps ! Ensuite, il va falloir jouer dans un endroit qui appréciera votre univers, ce qui veut dire qu’il va falloir convaincre le boss que votre musique peut séduire sa clientèle. Et si vous pouvez soutenir son regard en oubliant de regarder votre nombril… c’est 50% du trajet accompli !

Ensuite, sachez que le mieux est de négocier une date payée officiellement. C’est là que les choses commencent à se compliquer, car il faudra que le responsable du lieu vous déclare, ou bien qu’il accepte une facture officielle de votre part. Mais rappelez-vous bien que tout ça est en vue d’une professionnalisation, rien d’autre.

Phase suivante : les structures conventionnelles et officielles comme la SACEM, SPEDIDAM, ADAMI etc. sont indispensables pour pouvoir obtenir des revenus sur nos chansons et musiques quand elles seront diffusées sur les médias Tv, Radio, Youtube etc. ou quand vous jouerez dans un lieu de concert officiel, une salle de spectacle.

Bien sûr qu’il y a des conditions particulières pour entrer dans ces structures et en devenir membre. Mais cela montrera tout de suite votre motivation à entrer dans le circuit professionnel, même si vous ne gagnez pas encore votre vie avec votre musique. En tout cas, ces structures travaillent pour faire valoir vos droits et vous reverser l’argent qui doit vous revenir… donc, n’y faites pas front, cela ne sert à rien… acceptez-le et vous n’en serez que trop reconnaissant lorsque vous toucherez votre premier chèque !

Photo : David Feruch

Photo : David Feruch
  • Va t’on aimer ce que je joue ?

STOP !!!  Cette question est inutile, je vous le garantis !  Car on a tous le droit à un public, donc vous aurez le vôtre, ne vous inquiétez pas. La question est plutôt : mon univers est-il cohérent ? Si la réponse est oui, alors foncez !

Il faut bien comprendre que çela peut prendre jusqu’à une décennie pour trouver son véritable “moi” avec un univers musical qui nous représente et dans lequel on se sent bien. Ce qui veut dire qu’il ne faut pas hésiter à partager des expériences avec d’autres musiciens qui jouent du métal, techno, gothique, rap, salsa, reggae, classique, jazz, funk etc… ce sont tous ces partages musicaux qui vous ouvriront l’esprit car chaque univers est rempli de richesses, et vous apportera une connaissance de plus pour plus tard.

  • J’aimerai être reconnu par mes pères musiciens, comment faire ?

La reconnaissance est légitime et fait partie du cheminement humain pour la plupart d’entre-nous. Ce qui m’a semblé évident à l’époque où je voulais que l’on écoute ce que j’avais à dire, c’était de faire un album musical… un disque !  Mais l’idée de mettre en place un projet d’album me semblait être la montagne de l’Himalaya… donc j’ai revu ma façon de penser et je me suis : “Raf, t’es pas con… le mieux est que tu  y ailles petit à petit, ok ? “.

À partir de ce moment-là, j’ai commencé à structurer mon agenda avec des petits, moyens et grands objectifs. Le grand objectif était pour moi de faire mon premier album complet dans les 12 prochains mois. Les moyens objectifs étaient de faire un titre par mois. Les objectifs à court-termes étaient d’être en studio d’enregistrement 3 fois par semaine pour composer et réaliser chaque titres. Je connaissais un musicien qui avait son propre studio, et on a commencé à travailler ensemble sur des idées que j’avais en tête. Pendant ce temps, j’économisais et j’ai acheté le matériel pour me construire un studio d’enregistrement personnel. Ce qui donnera une transition musicale entre le studio de mon ami que je payais et le mien que je réalisais. Devenir indépendant m’a permis de rencontrer un producteur qui a tout suite aimé ce que je faisais, alors que je n’étais pas du tout sûr de moi. Et c’est avec joie qu’il ma proposé de sortir mes 2 premiers albums… j’étais sur la lune ! Pensez donc !

Le jour où j’étais prêt, j’ai annoncé à mon ami compositeur que je prenais mon indépendance, et que les 4 titres que l’on avait fait ensemble seraient dans cet album qui s’appelle “TECHNOLODIDGE” et qui sortait le jour de la fête de la musique , le 21 Juin 2004, avec une belle promo en prime-time sur TF1 grâce au producteur que j’avais rencontré…. merci Pascal !

Je pense qu’il faut vivre sa musique à fond ! Et ça les gens le ressente, inutile de trop en parler… les propositions se présenteront un jour où l’autre.

Photo : David Feruch / Benjamin Béni
Masq Morphing : Marc Boulay 

Photo : David Feruch
  • Être connu… pourquoi pas ?

Le succès est ce que j’appelle un “accident de parcours”, quand je vois le peu de zikos qui réussissent vraiment à percer !

Un jour mon ami Jean-Claude DECALONE, fondateur du magasin de musique FEELING MUSIQUE, me dit : “le succès c’est comme l’argent, on s’en fout quand on en a…

Effectivement, cette question me taraudait le cerveau à l’époque, et j’ai bien pris le temps d’y réfléchir et j’en suis arrivé à la conclusion que si tu fais tout pour être connu, tu risques de te perdre. Ce qui m’a amené à me dire que je continuerai sur ma voie et de produire de la musique qui me plaise avant tout !  Aucune concession pour réussir absolument… juste des compromis acceptables qui ne m’amèneront pas à une trahison créée par les méandres mon cerveau. Et je pense avoir bien géré le truc.

Je n’ai jamais trahi mes pères et mes collègues musiciens pour m’acheter du succès ou une reconnaissance… chose que d’autres font sans cesse. Évitez d’y répondre et ne vous inquiétez pas car la roue tourne, et les boomerangs qu’ils jettent leurs reviendront de droit un jour où l’autre… Gardez et canalisez bien votre énergie pour l’utiliser à bon escient, c’est très important !

La chose qui me permet de rester droit dans mes bottes depuis plus de 20 ans est mon instrument de musique ancestral et son origine :  le Didgeridoo !

Pour conclure ce sujet, je pense que les rencontres vont et viennent car heureusement rien n’est figé. Entourez-vous de belles personnes qui comprennent votre univers et qui font ce que vous ne savez pas faire dans le business de la musique pour être sûr d’avancer sans trop d’illusions. C’est donc un mouvement perpétuel qui amène des échecs et des réussites en permanence… donc on fait quoi ?

Moi je fonce, et vous ?