Confidences pour confidence…

Voilà plus de 20 ans déjà, que ma rencontre avec le didgeridoo s’est produite. J’ai l’impression que c‘était hier ! Celle-ci a été déterminante pour moi et elle est arrivée au moment où je me demandais ce qu’allait être mon avenir. Je ne manquais pas de travail, mais j‘étais las d‘évoluer dans une société de consommation qui ne me correspondait plus. Cette situation m’a poussée à partir loin, très loin !

Confidences pour confidence…

 

L’Australie était un rêve depuis l’âge de huit ans, un pays lointain et inaccessible que je regardais sur mes livres d’école, alors qu’on en parlait que très très peu en classe. Je savais qu’il y avait des animaux bizarres et dangereux. Et c’est l’image de cette Australie qui m’intriguait, qui m’attirait.

C’est à l’âge de 27 ans, grâce au surf et l’envie de prendre des avions, que j’ai eu envie de surpasser mes peurs et de me lancer dans l’aventure en mode « Globe-Trotteur » vers ce continent soi-disant dangereux et inaccessible… ce qui est une idée complètement préconçue quand j’y repense aujourd’hui. C’est sûr que l’on ne joue pas et qu’il ne faut pas se risquer à faire n’importe quoi… mais ça c’est dans le monde entier je pense… il suffit d’aimer la vie pour réfléchir non ?!

Arrivé là-bas en Australie, j’ai découvert les peuples Aborigènes et leur histoire Ô combien douloureuse ! L’approche et le contact n’ont pas été facile et ne s’est pas fait en une seule fois. Mais avec le temps, je me suis sincèrement lié avec certains d’entre eux… ainsi qu’avec la découverte des rituels, de leurs peintures, des instruments et musiques traditionnelles comme le didgeridoo, les claves, le rhombe, le boomerang, les danses traditionnelles et les chants. Je me suis donc rapidement pris de passion pour cet univers, et je n’ai cessé d’apprendre toujours plus sur le didgeridoo et ses origines. C’est là que j’ai été étonné d’apprendre que le didgeridoo n’était joué que par les tribus Aborigènes du Nord de l’Australie, car les termites ne mangent pas le cœur des arbres d’Eucalyptus dans le reste du pays.

Le retour en France a été un choc ! J’ai eu du mal à quitter les grands espaces Australiens pour revivre à Paris. C’est là que le réel challenge a commencé, car il a fallu y croire à fond et ne pas perdre mes convictions. Ma détermination a eu raison des critiques, même s’il n’a pas toujours été facile de faire face à certaines idées reçues. J’avoue qu’à ce moment-là, le fait d’avoir compris que les médias ici en France, pourraient peut-être m’aider à étendre ma vision de cet instrument ancestral, que j’ai toujours trouvé noble, a été un réel élément déclencheur et m’a encouragé et donné l’envie d’aller plus loin dans ma démarche qui n’est pas si facile que l’on puisse imaginer.

Apprendre toujours plus et transmettre à autrui me donne une énergie puissante et un sentiment positif qui me permettent de continuer sur cette voie.

Aujourd’hui le didgeridoo s’intègre aux autres musiques, poésie, cinéma, et des festivals ont lieu chaque été uniquement pour le didgeridoo. Des groupes se forment et signent sur des maisons de disques, ce qui est positif !

Le didgeridoo prend une place de plus en plus importante dans notre société occidentale, lentement mais sûrement. Et avec un peu de patience, nous aurons l’occasion de voir de beaux et grands concerts avec des joueurs de didgeridoo connus et reconnus.

Cet instrument aura mis 20 000 ans pour traverser les océans, nous prendrons bien le temps de faire connaissance avec lui !

Raphaël DIDJAMAN.

Photos : Arié Elmaleh