Pochette d’album… #tranche de vie !

La pochette d’album, que l’on appelle dans le jargon du musicien « le visuel », est la première communication avec le consommateur ou l’acheteur si vous préférez. Cette étape n’est pas à prendre à la légère car elle va faire partie des points forts qui vont déterminer la réussite de l’album !

En clair, il a été prouvé que c’est cette première étape qui va faire vendre le plus de disque au chanteur ou au musicien concerné.

Belle pochette = plus de vente… c’est indéniable !

Ensuite va s’enchainer intimement l’histoire de cette pochette. C’est-à-dire pourquoi, quand et comment il a fait cette pochette. Raconte-t’il une histoire à travers cette pochette ?  Exprime-t’il juste une émotion du moment ?  Ou encore dévoile-t’il ou montre-t’il un fantasme avec sa pochette ?

Nombreuses sont les réponses qui sont, en général, dans l’album quand on appui sur « PLAY ».

Pour ma part, j’ai réalisé plus d’une dizaine d’albums avec les différents visuels que je vais tenter de vous en expliquer l’histoire et la signification ci-dessous.

Je tiens d’abord à remercier mon ami Ludovic LOISEAU, qui a eu l’idée de cet article. On buvait une bière en terrasse alors que je lui expliquais pourquoi j’avais fait le visuel du single « MACRONIAVIRUS ». Il se trouve qu’il a adoré l’histoire et du coup, il me dit : « maintenant que je sais ça, je vais bien réécouter le titre… mais tu devrais en parler sur ton Blog car c’est vraiment intéressant de plonger dans la pensée d’un artiste quand il crée son projet !»

Voici donc l’histoire des visuels de mes albums qui m’ont rendu heureux, triste, révolté, anxieux, méchant, vengeur, humain… enfin tout quoi !!!

2020 – MACRONIAVIRUS

Période épique pour l’humanité en ce mois de Mai 2020, l’être humain est cloitré chez lui… de force ou de plein gré. Cela dépend comment on regarde la situation. Je bouillonne. J’ai envie de dire des choses, comme toujours ! Ma grande gueule n’arrive pas à se taire ! Donc je fais de la musique car je n’ai pas le choix ! A force de parler pour remettre les gens à leur place, c’est sur moi que ça retombe… j’en ai fait l’amère expérience… qui me poursuit encore aujourd’hui, malgré moi.

J’observe le monde… on nous manipule pour les masques… y en a…oups, y en a plus !  Ah bah nan ! En fait y en a un peu !  Et à force on n’sait plus rien du tout !

J’ai la vague impression que des gens bien-pensants qui dirigent notre pays cafouillent, se perdent dans leurs contradictions… bref, tout va bien donc !!! lol

Le visuel de MACRONIAVIRUS représente exactement cet état du moment. Des pyramides colorées qui représentent le pouvoir nous disant que c’est vert, alors que c’est rouge etc.  Le discours de face des politiques, et leurs comportements à côté… d’où les faces colorées différentes de chaque pyramide. Avec la silhouette du virus apparaissant à côté du titre MACRONIAVIRUS.

Les sortes de petits circuits imprimés que l’on voit par-dessus tout ça n’est autre que du langage en BRAILLE, la langue des aveugles, avec laquelle il est écrit en répété « PANDEMIA PANDEMIA PANDEMIA PANDEMIA… »

2019 – QUANTUM ENERGY

Album noir en apparence visuelle, mais plein d’analyse en profondeur. On peut y apercevoir en transparence la « fleur de vie », qui est représentée sur pleins de monuments ancestraux à travers le monde : en passant par certaines pyramides et qui représente le « nombre d’or » ou bien la « suite de FIBONACCI »…

Bienvenue dans le monde magique et gardé longtemps secret de la géométrie sacrée !

La Fleur de Vie est un concentré du nombre d’or, de la suite de Fibonacci, elle est représentée par plusieurs cercles qui se superposent et s’entrecroisent. Le point de départ est le cercle central. De son centre se développe une structure géométrique de base qui illustre que toute forme de vie se déploie d’une seule source telle une division cellulaire. Les divisions cellulaires se poursuivent jusqu’à ce que chaque forme de vie ait atteint la forme harmonieuse qui lui convient. Le nombre d’or se retrouve dans toutes les dimensions de la fleur de vie.

Les titres sont assez évocateurs également, il suffit de regarder à quoi ils correspondent…

EXILIUM 1.0

EXILIUM veut dire « exil » en latin. Un titre qui s’écoute sur 20 minutes pour s’échapper dans sa tête, voir même de son corps !  Direction les étoiles !  Et cette pochette est l’éclipse que j’ai prise en photo à 6h40 du matin en plein Bush Australien en 2012, mais on y reviendra plus loin. En tous cas, elle me parait bien adapté pour partir… où ?  A vous de voir…

JURASSIC SOUNDS

Pas grand-chose à dire tellement la pochette colle à la peau, si l’on peut dire vu que c’est un squelette, du dinosaure, et que le titre est évocateur !  Il faut savoir que le titre d’un album est aussi important que le visuel… sinon… gamelle !

L’idée de cette pochette était de mettre en valeur une époque passée, d’où le choix du squelette, mais qui reste toujours d’actualité puisqu’il s’agit de l’histoire de notre belle maison : la terre.

D’ailleurs le scientifique HUBERT REEVES en parle très bien dans le titre « IMPACT »… quel honneur d’avoir eu à travailler avec ce grand monsieur !  Merci la vie !

2008/2021 – Trilogie ARTHUR RIMBAUD

Le visuel noir du 1er Volume est né lors d’une sieste, en plein rêve. Je commençais à bien connaître le travail de RIMBAUD. J’avais aperçu cette lumière en lui en même temps que l’ombre qu’il savait si bien décrire dans ses textes. Sur la pochette, sa lumière est représentée par la typo de son nom en couleur doré. L’ombre est le fond noir fait à la peinture avec la technique du couteau, par ma cousine et peintre IDA… avec toutes les imperfections que l’on peut imaginer aisément chez l’homme.

Les pochettes du 2ème et 3ème Volume sont de couleurs Blanche, et Rouge qui lui représente le tempérament. Le rouge peut symboliser également plusieurs valeurs contradictoires en même temps comme l’amour et la haine, la vie et la mort. Il représente également la passion, la tentation, le feu, le sang, l’interdit, l’émotion, la colère, l’agressivité, la force, le pouvoir, la puissance, le luxe, l’énergie, la persévérance, le combat et la détermination… tout RIMBAUD quoi !!!

2015 – U.F.O

Mon album « UFO » est née après avoir vu une superbe éclipse en 2012 dans le Bush en Australie avec mon ami Aborigène Phil. L’envie de dire ce que je ressentais à ce moment-là était trop puissante pour pouvoir l’exprimer !   Se retrouver sur l’axe de 3 étoiles et planètes en même temps me fascinait pour la 2ème fois, la première ayant eu lieu en 1999 en France. Et d’un coup, je me suis dit qu’il était impossible d’être seul dans l’univers.

Puis mon ami sculpteur numérique MARC BOULAY me montre son travail sur des Extra-Terrestres… et là, c’est le flash !  C’est exactement la même force qui se dégageait sur cette image par rapport à ce que je voulais exprimer : nous ne sommes pas seul !

Bien sûr je n’en ai pas la preuve, mais c’est une conviction intime avec toutes les questions que cela puisse apporter. Et je pense que ça doit bien se ressentir sur le visuel de cette pochette… et le message général de cet album. D’ailleurs, entre le visuel et les titres, c’est sans ambiguïté je pense, mais cela n’engage que moi bien sûr !

DIDGERIDOO LIVE IN ROMA

Après avoir fait une version très spéciale du titre “NOTHING ELSE MATTERS” du célèbre groupe METALLICA sous le nom d’artiste “LE GRAND DUC DEEJAY“. Me voilà invité à ROME en ITALIE pour 4 jours de rêves dans un univers digne de l’acteur ROBERTO BENIGNI… pour donner un concert à un groupe de gens bien-pensant dans une maison magnifique !  Et c’est en me baladant dans Rome que j’ai pu shooté moi-même cette photo… elle me parait tellement bien adapté !

2014 – TYMPANUM

Cet hominidé de type « GIGANTOPITHECUS BLACKI » est le fruit d’un travail magnifique de mon ami MARC BOULAY qui a réalisé également la pochette de UFO, vous vous rappelez ? … et oui, on ne change pas une équipe qui gagne !

L’idée était d’avoir un visuel qui marque, qui interpelle, voir même qui choque ! Et ce singe, si l’on peut dire, représentait pour moi l’ampleur du didgeridoo mélangé à l’électro. Et en même temps, cela représentait une identification personnelle de l’être humain face à l’autre. D’ailleurs beaucoup de gens, à NEW YORK, me demandaient si c’était moi !  Et je leur répondais que « oui bien évidemment, c’est moi quand tu m’énerves, quand j’ai envie, quand j’échoue, quand je gagne, quand je suis triste, quand tu ne m’écoutes pas quand je te dis que je t’aime, quand on m’emmerde, quand j’n’ai pas eu mon café du matin etc…»

2011 – RISQUE DE RÊVES

J’ai toujours un amour pour les films de type « road-movie », car je pense que ma vie en est un, en quelque sorte. Le gars qui ne tient pas en place, toujours envie de voir ailleurs comment c’est etc.

C’est dans ce cadre là que j’ai imaginé cette pochette avec pantalon jeans et blouson cuir… le gars qui bouge sans arrêt. Comme les pochettes bien roots des BOB DYLAN, BRUCE SPRINSTEEN etc. Et c’était également l’envie d’enlever les carcans dans lesquels se trouvait le Didgeridoo ! Je voulais qu’on arrête de m’imaginer avec le visage plein de peinture aborigène. Non pas que je n’aimais pas ça, bien au contraire ! Mais parce que je ne suis pas Aborigène, tout simplement ! Je travaille avec des amis Aborigènes, certes… mais je ne m’identifie pas à eux, car je me sens bien comme je suis, tout simplement. Ce qui ne m’empêche pas de mettre le Didgeridoo en couleur sur cette pochette de « RISQUE de RÊVES » et moi en noir et blanc… et personnellement, j’aime bien l’équilibre que ça crée.

2008 – MASQ

Voici l’album qui a vraiment troublé ma vie tellement j’ai joué le jeu de faire tomber les masques ! A tel point que le jour de la séance photo, avec mon excellent ami photographe talentueux BENJAMIN BENI, je me suis mis à réellement à poil et à réfléchir sur mon attitude envers la vie… ma vie !  Et ce jour-là a été le point de départ d’une belle dépression qui dura 2 ans. 2 ans dans un tunnel sombre et dans lequel ma lumière, tout au bout, a été la découverte d’ARTHUR RIMBAUD… qui m’aura servi de guide en quelque sorte. Donc 2 ans de composition entre cet album « MASQ » et le 1er Volume d’ARTHUR RIMBAUD… avec toute cette magie de voir défiler un péplum d’artistes comme ARTHUR H, DENIS LAVANT, FABRICE EBOUE et j’en passe… qui eux comprenaient cette phase de destruction/reconstruction plus que ceux qui me jugeaient à ce moment-là… merci les gars !

https://www.deezer.com/fr/artist/246639 https://www.deezer.com/fr/artist/246639

2004 – VIBRATIONS et TECHNOLODIGE

Deux pochettes qui viennent de l’artiste STEPHANIE DE BEAUVAIS que j’avais rencontré par hasard lors d’un marché. Elle m’avait emmené dans son magnifique atelier tout près de la Tour Eiffel avec une vue imprenable sur notre dame de fer !

Toujours liée à la terre, la vibration de sa peinture résonnait en moi… et ça été ma première collaboration qui m’a fait comprendre à quelle point le visuel avait son importance !

1998 – ONE DIDGE… ONE BEAT

L’album « One Didge… One Beat » n’est jamais sorti suite à plusieurs coups foireux de la part d’un compositeur avec qui je travaillais, et une grosse maison de disque qui avait complètement merdé à l’époque. Résultat : j’ai abandonné le projet. Ce qui m’a permis de comprendre qu’il faut toujours prendre le temps et bien choisir sa direction. J’étais jeune et trop pressé également.

Cela dit le visuel était vraiment chouette avec ce Kangourou que j’avais pris en photo dans le bush…

CONCLUSION :

Des images, des peintures, des photos, des expériences tellement différentes !  Mais ce que j’en retiens aujourd’hui, c’est un parcours dont il ne me reste pas QUE des souvenirs, mais que des sons et des pochettes peuvent nous faire rencontrer des gens extraordinaires avec qui on va partager des superbes moments d’échanges et d’amitiés… parfois pendant quelques minutes, et parfois des années !  Une fois de plus… MERCI LA VIE !!!

Raphaël Didjaman.

Ps :  Si vous avez des histoires magiques à raconter sur vos pochettes d’albums réalisées, n’hésitez pas à le partager dans les commentaires, ça a le mérite d’être lu je pense… 😉